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L'Europe fait sa loi... pour les cosmétiques de 2013

publié le 18 févr. 2010 à 09:36 par Michael Klein

Depuis la naissance du petit dernier, Reach, le Parlement Européen et le Conseil nous régalent de nouvelles législations "harmonisées".
Le 22 décembre 2009, le Réglement (CE) n° 1223/2009 du 30 novembre 2009 relatif aux produits cosmétiques, paraissait au journal officiel de l'Union Européenne pour venir abroger la lourde et confuse Directive 76/768/CEE transposée en France dans le Code de la Santé Publique.
Ce nouveau texte sera applicable au 11 juillet 2013 (sauf exception pour les substances CMR et les nanomatériaux qui subiront plus tôt les effets de règlement harmonisé).

Et finalement, ce sera mieux ainsi 

En effet, difficile pour un entrepreneur de s'y retrouver au travers de l'architecture complexe de la Directive 76/768/CEE, et d'oser se lancer dans le développement de produits cosmétiques.
Ainsi, le nouveau règlement va permettre de redéfinir certains points obscurs et interprétables en se basant sur l'expérience des autorités de contrôle et des difficultés auxquelles elles ont été confrontées pour défendre le principe de précaution, en particulier.

Notamment, le terme de "distributeur" de produits cosmétiques est revisitée et la responsabilité du "distributeur" est largement étendue, dans le sens de la vérification des produits qu'il propose aux consommateurs.

Un grand pas pour la sécurité des consommateurs

Sur le plan de la sécurité des produits pour la santé humaine, l'évaluation des risques doit être approfondie au regard des informations disponibles sur les matières premières (cf REACH). Pour autant, les tests sur animaux pour les produits cosmétiques finis sont proscrits, de même que les tes tests sur animaux pour les matières premières seront progressivement remplacés par des méthodes alternatives (in vitro).

Ainsi l'appréciation des risques pour la santé du consommateur est sensiblement réétudiée en proposant de valoriser le principe de précaution. 
En ce sens, le CSSC (comité scientifique pour la sécurité des consommateurs créé le 5 juillet 2008) est chargé de statuer sur les nanomatériaux et des substances CMR (substances cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction). 
Ces derniers seront soumis à la nouvelle réglementation (suppression progressive quasi totale dans les formulations cosmétiques) au plus tôt, c'est-à-dire dès le 1er décembre 2010.

Enfin, l'abondance des contre-façons traversant les mailles des filets douaniers sur les cosmétiques de grande marque ont été un argument de plus pour améliorer la performance du contrôle de ces produits, et mieux garantir l'innocuité des produits à usage cutané pour les consommateurs.

Au menu, mises à jour des listes d'ingrédients et nouvelles procédures de transmission de l'info

Le point le plus important de ce nouveau règlement vise à obliger les fabriquants ("responsables de la mise sur le marché") à transmettre certaines informations concernant leurs nouveaux produits cosmétiques aux autorités compétentes de leur pays. Ces informations seraient alors centralisées au niveau européen par télédéclaration.
En effet, on peut enfin remercier le Parlement Européen de nous offrir de bons et vrais outils pour travailler efficacement, comme c'est déjà le cas pour les détergents et les produits biocides.
Cependant, la transmission des informations selon ces nouvelles procédures ne sera applicable que sur les produits mis sur le marché après le 11 juillet 2013. Les données archivées selon les procédures actuelles (notamment les dépôts de formules aux Centres Anti-Poison) seront conservées pendant le temps adéquat pour garantir la sécurité des consommateurs.

Le cas de la durabilité des produits est également enrichi d'une nouvelle notion. Il s'agit de la possibilité que le produit ne s'altère Jamais! Surprenant, et pourtant évident. Actuellement, si un produit cosmétique a une durabilité supérieure à 30 mois, il est alors question de PAO (période après ouverture). Or, certains conditionnement ne sont pas concernés, notamment les "unidose" et les systèmes "Airless" qui ne sont finalement jamais ouverts. Ces nouvelles données sont aujourd'hui prises en compte dans les règles d'étiquetage des cosmétiques.

Le nouveau règlement impose à nouveau la conformité des établissements de production et de conditionnement aux Bonnes Pratiques de Fabrication, comme elle a été décrite dans la norme ISO 22716 de l'AFNOR.
La liste (non exhaustive) des nomenclatures INCI sera revue et complétée et les colorants capillaires seront également ajoutés à l'Annexe IV (liste des colorants que peuvent contenir les produits cosmétiques).


En quelque sorte, après les compléments alimentaires en 2006, les produits chimiques en 2007, c'est au tour des cosmétiques de rentrer dans le champ de compétences réglementaires de l'Europe, pour assurer une forme d'équité entre les fabriquants des états membres et pour assurer une bonne harmonie des contrôles et de la sécurité pour le consommateur.

Bioderma dans la tourmente

publié le 17 févr. 2010 à 01:46 par Michael Klein

Fin 2009, le laboratoire Bioderma a fait parler de lui à cause de retraits de lots de produits, relevés grâce aux communiqués de l'AFSSAPS.

Bioderma, spécialiste des soins dermatologiques conçus à partir d'ingrédients innovants issus de la biologie végétale, est apparu dans un communiqué de presse de l'AFSSAPS du 15 juin 2009, annonçant une erreur de conditionnement sur ses flacons de Baume Emollient Atoderm PP anti-récidive (http://www.bioderma.com/fr/nc/les-produits/nouveautes/product/action/489.html). Le conditionnement d'un autre produit (moussant) sous cet étiquetage est la cause du problème sur le lot 34481 du baume.

Quelques mois auparavant, l'AFSSAPS avait également annoncé, le 1er avril 2009 (NDLR. Et ce n'était pas un poisson!), le retrait de plusieurs lots de la crème ABCDerm Maman Vergetures, à présent retirée du catalogue Bioderma. En effet, ce produit avait causé des cas de dermatites de contact sans pouvoir identifier la cause précise de ces affections.

Début 2010, Bioderma met le paquet pour redorer son blason et tourner cette sinistre page en annonçant la sortie de son nouveau produit Matricium présent dans une gamme de soins innovants Matriciane.

L'acide hyaluronique a la cote

publié le 12 févr. 2010 à 09:22 par Michael Klein

L'acide hyaluronique, ainsi que son sel le plus courant, le Sodium hyaluronate, font aujourd'hui valeur de référence dans les soins hydratants et anti-âge.

Acide hyaluronique ? Késako ?

Avant tout, il s'agit d'une molécule naturellement présente dans l'organisme. L'acide hyaluronique est un polysaccharide linéaire composé de deux monosaccharides : l'acide beta-1,4-glucuronique et l'acide beta-1,3-N-acétyl glucosamine.
On le trouve en particulier dans les yeux (humeur vitrée), la peau et les tissus conjonctifs (matrice extracellulaire), le tissu nerveux et les articulations (liquide synoviale).
Dans toutes ces configurations, l'acide hyaluronique sert avant tout à retenir l'eau pour assurer un "remplissage" adéquat des tissus et une bonne mobilité.

De par sa structure chimique, ce polymère de disaccharide peut se trouver dans notre organisme sous forme de petites molécules de quelques oligomères, ou sous forme d'énorme polysaccharide de plusieurs millions de Da (NDLR. un acide aminé ne dépasse pas en moyenne 120 Da). L'acide hyaluronique a la faculté de retenir jusqu'à 1000 fois son poids en eau.

Quid de la production

Le mode de production de l'acide hyaluronique le plus courant pour l'industrie est la fermentation bactérienne par Streptococcus sp.. Il peut également être issu de la crête du coq.
Ces deux méthodes ont cet avantage d'être des sources naturelles de cet actif, mais posent chacune un problème important.

Dans le premier cas, il s'avère que les souches de Streptococcus sont pathogènes et l'extraction de l'acide hyaluronique une purification à l'aide de solvants organiques.
Dans le deuxième cas, la question de l'élevage des coqs trouvera bien assez d'opposants et il semble bien difficile d'y voir une méthode d'avenir pour cet ingrédient.

Toutefois, certains industriels ont su innover sur ce terrain en exploitant des souches bactériennes non pathogènes cultivées sur des substrats particuliers afin de limiter les contaminations moléculaires et protéiques nécessitant une purification lourde pour récupérer l'acide hyaluronique. C'est le cas notamment de la société Novozymes Biopolymer qui extrait son acide hyaluronique à partir de cultures de Bacillus subtilis.

Intérêt en cosmétologie

L'Acide hyaluronique se trouve dans de nombreuses formules de cosmétiques et sous différentes formes aqueuses ou émulsions.
On trouve en effet des gels ou plus couramment des crèmes et laits contenant cet ingrédient précieux. Il s'utilise également dans les shampooings et les gels douche pour son effet antistatique et protecteur après rinçage.

Dans les émulsions, l'acide hyaluronique de haut poids moléculaire va rester à la surface de la peau et pénétrer très faiblement dans l'épiderme. En revanche, il va permettre de conserver un niveau d'hydratation très longue durée en emprisonnant les molécules d'eau à la surface de la peau.
Dans les produits de soin visage, l'acide hyaluronique est un actif complémentaire du collagène ou du xylitol (et dérivés) utilisés pour restructurer la peau. Celle-ci retrouve densité et vitalité. Sous forme de polymères petites tailles (faible poids moléculaire), il pénètre plus ou moins facilement les différentes couches de l'épiderme et procure un effet repulpant quasi immédiat.

L'acide hyaluronique est d'ailleurs utilisé de cette manière sous forme d'injections intradermiques pour combler les rides, ou en chirurgie ophtalmologique et articulaire.


La fin des Lauryl Sulfate chez N&P

publié le 12 févr. 2010 à 01:01 par Michael Klein

Conformément à l'annonce faite en 2009 chez Nature et Progrès, le Cahier des Charges le plus restrictif de l'industrie cosmétique a confirmé la suppression de l'Ammonium Lauryl Sulfate dans les formulation d'hygiène corporelle.

Un actif décrié

Depuis plusieurs années, les cahiers des charges relatifs à la formulation de produits Bio ont tendance à s'assouplir.
En particulier, il a fallu apporter des solutions pour que les industriels de la cosmétique Bio puissent offrir aux consommateurs des produits écologiques à des prix raisonnables et correspondant à leurs critères d'appréciation sensorielle.

Ainsi, Ecocert et son allié Cosmébio, ont commencé par valider l'Ammonium Lauryl Sulfate, considéré comme "naturel" selon le référentiel cosmétique car, bien qu'issu de transformations chimiques, il ne subit par d'éthoxylation comme ses cousins Laureth Sulfate.
Cette réaction étant effectivement proscrite du référentiel car elle présente des conséquences néfastes sur l'environnement.
Petit à petit, l'Ammonium Lauryl Sulfate a été supplanté par le vieux Sodium Lauryl Sulfate, tensioactifs carrément détergent, qui résiste mieux à l'ajout d'huiles essentielles et aux pH voisins de 7, et qui est encore meilleur marché. 

Ces arguments mercantiles n'ont évidemment pas convaincu Nature et Progrès qui a toléré l'Ammonium Lauryl Sulfate pour permettre la production et la commercialisation de Gel douche, Shampooings et Savons liquides sous mention N&P, mais dans l'optique d'éliminer cet élément perturbateur des "ingrédients tolérés".
En effet, il est bien difficile d'expliciter les qualités environnementales des Lauryl Sulfate... mais à vrai dire que peut-on dire des autres tensioactifs ?

Un an pour tout changer

Nature et Progrès avait demandé à ses adhérents, dès 2009, de trouver une solution pour produire leurs moussants sans Ammonium Lauryl Sulfate. Plusieurs nouvelles formules sont sorties des laboratoires en utilisant préférentiellement la Coco-bétaine, les APG, etc.. Ces produits sont "environnementalement corrects" et de surcroît plus doux pour la peau.

Malgré l'évidence de ce changement pour la Cosmétique Bio, il semble difficile de formuler des Gel douche à un coût raisonnable avec des matières premières 4 à 6 fois plus chères, et demandant du matériel de production plus complexe pour disperser des gélifiants absents des précédentes formules. Difficile aussi de formuler des shampooings avec une bonne rinçabilité et la même facilité d'emploi qu'avant.

En imposant cette nouvelle donnée à une poignée d'industriels fidèles, c'est une part du marché des produits d'hygiène corporelle et d'hygiène capillaire qui va évoluer, dès le 1er Mars prochain, en faisant un véritable bon en matière d'innovation pour apporter un juste compromis entre respect de l'environnement et respect de la peau.

Phytophar offre enfin une vraie gamme d'aromathérapie à visée médicale

publié le 12 févr. 2010 à 00:30 par Michael Klein   [ mis à jour : 14 nov. 2010 à 11:20 ]


Depuis la fin d'année 2009, les Laboratoires Phytophar, basés à Agde, proposent sur le marché des pharmacies une nouvelle gamme de produits de soin et de beauté grand public.

Agat'he, nom évocateur correspondant à la ville de Agde, est la première gamme réellement issue de la Recherche pharmaceutique qui permet d'utiliser sainement et sereinement les huiles essentielles en "complément thérapeutique".


Le "Luxe de la Tradition Artisanale", un concept déposé

En s'associant aux meilleurs producteurs d'huiles essentielles en France, les deux associés de Phytophar ont réussi à marier Tradition et Innovation.
Ainsi, les produits sont très bien présentés, dans des flacons luxueux et chics pour mieux valoriser le produit. "Malgré que nous ayions fait de vrais efforts sur le packaging, il n'en reste pas moins que la vraie valeur ajoutée d'Agat'he, c'est le produit lui-même", assurent les fondateurs de la société.

En effet, dans cette gamme de formules précieuses, développées par Michel FAUCON, pharmacien et enseignant universitaire, chaque ingrédient a été soigneusement sélectionné.
Les huiles végétales apportent de nombreux actifs protecteurs, hydratants ou régulateurs, alors que les huiles essentielles sont issues de plantes sélectionnées par leur origine, leur variété, et passées au crible grâce à leurs analyses chromatographiques.

Une gamme adaptée à la pharmacie

Mettre de tels produits sur le marché n'est pas chose facile. Les tarifs sont bien souvent au dessus du prix du marché. En réalité, le rapport qualité/prix n'a aucune équivalence. D'autres marques présentes sur le secteur de l'aromathérapie n'ont jamais vraiment révolutionné ce marché et le conseil du pharmacien reste avant tout la garantie de l'efficacité et de l'innocuité.
Ainsi, bien souvent, les pharmaciens distributeurs de la marque Agat'he reçoivent une formation diplômante de la société partenaires Aroma Sciences, sous forme de modules spécifiques.

De cette manière, Phytophar assure la qualité des prescriptions de ses produits de soin et le respect des conseils d'utilisation.


Il aura donc fallu de nombreuses années de pratique et d'expérience de l'aromathérapie médicale, en officine, pour permettre à Agat'he de voir le jour. Aujourd'hui, le fruit de ce travail est enfin accessible à tous sous la forme de synergies d'huiles de soin et huiles de beauté, et nous espérons bientôt voir apparaître de nouvelles formulations cosmétiques à partir de ces complexes thérapeutiques.

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