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La fin des Lauryl Sulfate chez N&P

publié le 12 févr. 2010 à 01:01 par Michael Klein
Conformément à l'annonce faite en 2009 chez Nature et Progrès, le Cahier des Charges le plus restrictif de l'industrie cosmétique a confirmé la suppression de l'Ammonium Lauryl Sulfate dans les formulation d'hygiène corporelle.

Un actif décrié

Depuis plusieurs années, les cahiers des charges relatifs à la formulation de produits Bio ont tendance à s'assouplir.
En particulier, il a fallu apporter des solutions pour que les industriels de la cosmétique Bio puissent offrir aux consommateurs des produits écologiques à des prix raisonnables et correspondant à leurs critères d'appréciation sensorielle.

Ainsi, Ecocert et son allié Cosmébio, ont commencé par valider l'Ammonium Lauryl Sulfate, considéré comme "naturel" selon le référentiel cosmétique car, bien qu'issu de transformations chimiques, il ne subit par d'éthoxylation comme ses cousins Laureth Sulfate.
Cette réaction étant effectivement proscrite du référentiel car elle présente des conséquences néfastes sur l'environnement.
Petit à petit, l'Ammonium Lauryl Sulfate a été supplanté par le vieux Sodium Lauryl Sulfate, tensioactifs carrément détergent, qui résiste mieux à l'ajout d'huiles essentielles et aux pH voisins de 7, et qui est encore meilleur marché. 

Ces arguments mercantiles n'ont évidemment pas convaincu Nature et Progrès qui a toléré l'Ammonium Lauryl Sulfate pour permettre la production et la commercialisation de Gel douche, Shampooings et Savons liquides sous mention N&P, mais dans l'optique d'éliminer cet élément perturbateur des "ingrédients tolérés".
En effet, il est bien difficile d'expliciter les qualités environnementales des Lauryl Sulfate... mais à vrai dire que peut-on dire des autres tensioactifs ?

Un an pour tout changer

Nature et Progrès avait demandé à ses adhérents, dès 2009, de trouver une solution pour produire leurs moussants sans Ammonium Lauryl Sulfate. Plusieurs nouvelles formules sont sorties des laboratoires en utilisant préférentiellement la Coco-bétaine, les APG, etc.. Ces produits sont "environnementalement corrects" et de surcroît plus doux pour la peau.

Malgré l'évidence de ce changement pour la Cosmétique Bio, il semble difficile de formuler des Gel douche à un coût raisonnable avec des matières premières 4 à 6 fois plus chères, et demandant du matériel de production plus complexe pour disperser des gélifiants absents des précédentes formules. Difficile aussi de formuler des shampooings avec une bonne rinçabilité et la même facilité d'emploi qu'avant.

En imposant cette nouvelle donnée à une poignée d'industriels fidèles, c'est une part du marché des produits d'hygiène corporelle et d'hygiène capillaire qui va évoluer, dès le 1er Mars prochain, en faisant un véritable bon en matière d'innovation pour apporter un juste compromis entre respect de l'environnement et respect de la peau.

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